Les catastrophes naturelles et les catastrophes qui découlent directement des actions humaines, qu’elles soient évolutives ou soudaines, tracent les lignes de fracture structurelles des sociétés qu’elles affectent. Les conséquences des catastrophes affectent de manière disproportionnée ceux qui ont le moins accès aux ressources sociales et matérielles : les femmes et les enfants, ainsi que les personnes âgées, handicapées ou pauvres.
Utilisant un cadre conceptuel sur le handicap, les essais de ce volume se concentrent sur les catastrophes au sein de leurs écologies sociales et environnementales, avec une attention particulière sur la manière dont la planification et les réponses conventionnelles aux catastrophes garantissent que les inégalités sociales existantes se perpétueront en tant que conséquences des catastrophes. Nous soutenons qu’en mettant au premier plan les besoins de ceux qui ont le moins de ressources, une anthropologie appliquée des catastrophes met en évidence les avantages potentiels pour tous lorsque les plans de préparation, d’intervention et de rétablissement en cas de catastrophe incluent l’expertise des personnes handicapées.
![Diasline Joseph, deux ans, assise dans un fauteuil roulant, rit en jouant avec un gardien du New Life Centre, un établissement de soins résidentiels de Port-au-Prince, la capitale. Sa mère est décédée lorsque Diasline avait 16 mois, après quoi son père a renoncé à son droit de garde sur elle et l'a laissée au centre ; il ne lui a jamais rendu visite depuis. Fondé en 1978, le centre accueille actuellement 108 enfants, dont 20 souffrent de handicaps physiques ou mentaux. La plupart sont orphelins, abandonnés ou viennent de familles qui n'ont pas les moyens de s'occuper de leurs enfants mais qui leur rendent visite chaque mois. Le centre reçoit le soutien de Catholic Relief Services, une agence humanitaire catholique internationale basée aux États-Unis d'Amérique. [#1 EN SÉQUENCE DE TROIS]En novembre 2012, en Haïti, l'UNICEF travaille avec le gouvernement pour soutenir une prise en charge alternative optimale pour les enfants à risque ou privés de soins parentaux. Les efforts sont particulièrement axés sur la création d'alternatives à l'institutionnalisation pour ces enfants, qui constitue une menace importante pour leurs droits et leur bien-être. Quelque 50 000 enfants haïtiens vivent actuellement dans des institutions, tandis que ce chiffre pour l'ensemble de l'Amérique latine et des Caraïbes est estimé à 240 000 au bas mot. L'institutionnalisation entrave considérablement le développement de l'enfant : en règle générale, tous les trois mois passés en institution, les enfants perdent un mois de développement. Les risques sont particulièrement graves pour les enfants de moins de 3 ans, pour lesquels le placement en institution est connu pour nuire au développement mental et émotionnel, inhiber le développement cognitif et de la parole, altérer l’intelligence et contribuer au détachement émotionnel. Les enfants handicapés ou souffrant d’autres pathologies nécessitant des soins spécialisés sont également plus vulnérables. Les enfants placés en institution sont six fois plus susceptibles d'être victimes de violence et près de quatre fois plus susceptibles d'être victimes d'abus sexuels que les enfants placés dans des familles adoptives ou d'accueil. Ces derniers environnements de protection alternatifs sont UNICEF/UNI134980/Dormino](https://www.socialscienceinaction.org/wp-content/uploads/2017/01/UNI134980_Med-Res-1024x683.jpg)